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Prix par secteur

Vendre un salon de coiffure : le prix réel en 2025 et 2026

Mis à jour le 19 octobre 2026

Vendre un salon de coiffure rapporte en général moins que vendre un commerce ou un restaurant. Sur 1 863 cessions de salons de coiffure et de barbiers dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 45 000 €, soit 2,3 fois moins que la médiane toutes activités confondues (105 248 €). Ce chiffre bas tient à ce que l'acheteur reprend : une clientèle attachée à des coiffeurs, un bail et peu de matériel.

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Combien se vend un salon de coiffure, en chiffres réels

Les quartiles décrivent le marché mieux que la moyenne, que quelques ventes à plusieurs centaines de milliers d'euros tirent vers le haut. Voici les prix réellement déclarés dans les annonces de cession de salons.

Prix de cession des salons de coiffure et des barbiers, 1 863 ventes avec prix publié au BODACC, 2025 et 1er semestre 2026. Instituts de beauté, salles de sport et commerces de produits capillaires exclus.
RepèrePrixCe que cela veut dire
1er quartile25 000 €1 vente sur 4 se fait en dessous
Médiane45 000 €le repère central du secteur
3e quartile81 000 €1 vente sur 4 se fait au-dessus
9e décile140 000 €le haut du marché, 10 % des ventes

La moitié des salons changent donc de mains entre 25 000 € et 81 000 €. La répartition par tranche de prix montre un marché de petits fonds.

Le prix est d'une grande stabilité dans le temps. L'année 2025 ressort à 45 750 € sur 1 268 cessions, le 1er semestre 2026 à 45 000 € sur 595 cessions, et le 1er semestre 2025 à 45 000 € sur 615 cessions. Aucune tendance ne se dégage sur 18 mois.

Pourquoi le prix d'un salon de coiffure est si bas

Un restaurant se vend 110 000 € en médiane, un commerce de détail aussi. Un salon de coiffure se vend 45 000 €. L'écart s'explique par ce qui reste dans le salon le jour où le vendeur part.

  1. La clientèle suit le coiffeur. Une cliente revient pour la personne qui la coiffe depuis des années. Si cette personne est le vendeur, ou un salarié qui part ouvrir son propre salon à 2 rues, une partie du chiffre d'affaires s'en va avec elle. L'acheteur le sait et paie en conséquence.
  2. Le matériel vaut peu. Fauteuils, bacs et miroirs s'achètent neufs pour un montant modeste. L'acheteur paie la clientèle et l'emplacement, et le mobilier pèse peu dans le prix.
  3. Le bail porte une grande part de la valeur. Un salon bien placé avec un bail commercial long et un loyer raisonnable se vend. Un salon dont le bail arrive à échéance, ou dont le loyer absorbe la marge, se vend mal, quelle que soit sa clientèle.
  4. Le marché compte beaucoup d'acheteurs à petit budget. Le repreneur type est un coiffeur salarié qui s'installe. Son apport et sa capacité d'emprunt fixent un plafond au prix, que le vendeur le veuille ou non.

Ce dernier point se vérifie dans le détail. Les salons qui mentionnent une activité de barbier se vendent 33 500 € en médiane sur 172 cessions, ceux qui mentionnent la coiffure à domicile 36 000 € sur 85 cessions. À l'inverse, les salons qui associent coiffure et esthétique se vendent 55 000 € sur 339 cessions : une 2e activité élargit la clientèle et la rend moins dépendante d'une seule personne.

Coiffure, institut, salle de sport : 3 marchés distincts

Le jeu BODACC range 2 681 cessions dans un secteur « Coiffure, beauté, bien-être », dont 2 634 avec un prix. Sa médiane brute est elle aussi de 45 000 €. Elle recouvre pourtant des activités qui se vendent à des prix très différents.

Prix médian de cession par activité, secteur « Coiffure, beauté, bien-être » du jeu BODACC et salons de coiffure classés dans d'autres secteurs, 2025 et 1er semestre 2026. Classement selon la 1re activité citée dans l'annonce.
ActivitéPrix médianCessions avec prix
Salons de coiffure et barbiers45 000 €1 863
Instituts de beauté, onglerie, soins esthétiques40 000 €809
Salles de sport et de remise en forme105 000 €97

Les salles de sport vendent du matériel lourd et des abonnements, et se vendent plus de 2 fois plus cher qu'un salon. Les instituts de beauté se vendent un peu moins cher que les salons, pour les mêmes raisons : une clientèle attachée à une praticienne. Le périmètre de cette page se limite donc à la coiffure, au sens de la sous-classe 96.02A « Coiffure » de la nomenclature de l'Insee. 173 salons de coiffure classés dans d'autres secteurs du jeu, surtout le commerce de détail, y ont été réintégrés.

Les 5 questions de l'acheteur avant de faire une offre

Le repreneur d'un salon lit le bilan, mais il commence par ce qui peut faire partir la clientèle ou l'empêcher d'exploiter.

  1. Qui a la qualification ? Le métier de coiffeur est réglementé. La fiche Coiffeur en salon : conditions d'accès et d'exercice en France de Service-Public.fr cite le CAP, le brevet professionnel ou un titre équivalent enregistré au RNCP, et rappelle qu'exercer sans la qualification requise est puni de 7 500 € d'amende. L'acheteur vérifie qui, après votre départ, remplira cette condition.
  2. Qui coiffe les meilleurs clients ? Si le chiffre repose sur vous, il faut prévoir une période d'accompagnement. S'il repose sur un salarié, l'acheteur veut savoir s'il reste.
  3. Que dit le bail ? Durée restante, loyer, clause de destination, droit de céder le bail avec le fonds : c'est souvent la pièce la plus lue du dossier.
  4. Le fichier clients est-il exploitable ? Un logiciel de caisse et de rendez-vous qui montre la fréquence de passage et le panier moyen par client vaut mieux qu'un carnet. Il prouve que la clientèle existe hors de votre mémoire.
  5. Le chiffre déclaré est-il le chiffre réel ? L'acheteur et son banquier ne financent que ce qui figure dans les comptes. Une recette non déclarée ne se vend pas.

Comment calculer le prix de vente de votre salon

La médiane du marché donne un ordre de grandeur. La valeur de votre salon se calcule sur ses propres comptes, en 3 temps.

  1. Repartir du résultat retraité. On corrige votre rémunération pour qu'elle corresponde au coût d'un coiffeur manager salarié, on isole les éléments exceptionnels et on regarde la moyenne de 3 exercices. Le point de départ reste l'excédent brut d'exploitation, corrigé de ces éléments.
  2. Vérifier ce qu'un repreneur peut financer. Le prix doit laisser à l'acheteur de quoi rembourser son emprunt et se payer. C'est souvent ce calcul, plus que la méthode, qui fixe le prix final d'un salon.
  3. Corriger par la qualité du dossier. Bail, emplacement, stabilité de l'équipe, part de la clientèle qui ne dépend pas de vous, activité complémentaire : chaque point déplace le prix.

Les règles de calcul communes à toutes les petites entreprises sont détaillées dans le guide combien vaut mon entreprise. Pour un salon, la contrainte de financement du repreneur pèse plus lourd qu'ailleurs.

Le prix d'un salon de coiffure selon la région

Seules les régions comptant au moins 100 cessions avec prix sont détaillées. Un écart de quelques milliers d'euros entre 2 régions n'a pas de signification.

Prix médian de cession des salons de coiffure par région, régions d'au moins 100 cessions avec prix publié au BODACC, 2025 et 1er semestre 2026.
RégionPrix médianCessions avec prix
Provence-Alpes-Côte d'Azur50 000 €199
Occitanie50 000 €147
Normandie46 250 €152
Île-de-France45 000 €319
Pays de la Loire45 000 €159
Nouvelle-Aquitaine45 000 €141
Grand Est42 500 €154
Auvergne-Rhône-Alpes38 000 €238
Hauts-de-France35 080 €100

L'écart entre la région la plus chère et la moins chère est de 1,4 fois, le plus faible des secteurs ventilés par région sur ce site. Paris ressort en dessous de sa propre région : 40 000 € en médiane sur 105 cessions, contre 50 000 € sur 214 cessions dans le reste de l'Île-de-France. Une explication plausible, que la donnée ne permet pas de vérifier : à Paris, un loyer élevé sur une petite surface laisse peu de marge à l'acheteur.

Qui achète un salon de coiffure

Un salon de coiffure à vendre attire 4 profils d'acheteurs.

À titre de comparaison, une boutique de commerce de détail se vend 110 000 € en médiane. Le commerçant cède un stock, une enseigne et un flux de passage. Le coiffeur cède surtout une relation, qui se transmet moins bien.

Méthode

Périmètre : annonces de vente et de cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, dont ont été retenus les salons de coiffure et les barbiers, en salon ou à domicile. La sélection se fait sur l'activité déclarée dans l'annonce, quel que soit le secteur attribué, et retient la 1re activité citée : un salon « coiffure et esthétique » est compté en coiffure, un institut « esthétique et coiffure » en esthétique. Exclusions explicites : instituts de beauté, onglerie et soins esthétiques, salles de sport, parfumeries, commerces de détail et grossistes en produits capillaires, commerces multi-activités où la coiffure n'est pas l'activité principale. Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 1 901 relevant de ce périmètre et 1 863 assorties d'un prix exploitable, soit 2 % de lignes sans prix publié. Les annonces du secteur coiffure-beauté que le classement n'a pas pu trancher représentent 0,1 % du secteur. Une même opération peut faire l'objet de plusieurs annonces : en ne retenant qu'une annonce par couple SIREN et prix, il reste 1 709 opérations et la médiane reste à 45 000 €. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors frais. Extraction du 19 septembre 2026, calculs du 19 octobre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.

Les sources, pour que vous puissiez refaire le calcul

Les prix cités ici proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC diffusé en open data par l'État. Le détail ligne à ligne que j'ai reconstitué, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est lui aussi publié en open data, pour que chacun puisse vérifier.

Une réserve honnête sur ces chiffres : le prix publié au BODACC est celui de l'acte, il ne dit rien du chiffre d'affaires ni du résultat du salon vendu. Les ventilations par type de salon reposent sur les mots de l'annonce : un salon qui fait du barbier sans le mentionner est compté dans la coiffure générale. Les règles de qualification citées plus haut sont décrites d'après Service-Public.fr, consulté le 19 octobre 2026 ; leur application à votre cas se vérifie auprès de votre chambre de métiers.

Mon point de vue

Sur un salon, je pose une question avant toutes les autres : si vous partez demain, combien de vos clientes reviennent le mois suivant ? Le prix d'un salon est presque entièrement dans la réponse. Les salons qui se vendent au-dessus de la médiane ont un point commun : une équipe que la clientèle connaît par son prénom, et un dirigeant qui coiffe de moins en moins. Ce passage de relais se prépare 18 à 24 mois avant la vente, et il vaut plus qu'une rénovation du salon.

Questions fréquentes

Quel est le prix de vente d'un salon de coiffure ?

La médiane s'établit à 45 000 € sur 1 863 cessions de salons de coiffure et de barbiers dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 25 000 € et 81 000 €, et 10 % dépassent 140 000 €. C'est 2,3 fois moins que la médiane toutes activités confondues, 105 248 €.

Pourquoi un salon de coiffure se vend-il moins cher qu'un commerce ?

Parce que la clientèle suit le coiffeur, que le matériel vaut peu et que le repreneur type est un coiffeur salarié qui s'installe avec un apport limité. Un commerce de détail se vend 110 000 € en médiane, un salon de coiffure 45 000 €.

Un salon avec esthétique se vend-il plus cher ?

Oui. Les salons qui associent coiffure et esthétique se vendent 55 000 € en médiane sur 339 cessions, contre 45 000 € pour l'ensemble des salons. Ceux qui mentionnent une activité de barbier se vendent 33 500 € sur 172 cessions, et la coiffure à domicile 36 000 € sur 85 cessions.

Le prix d'un salon de coiffure dépend-il de la région ?

Assez peu. Parmi les 9 régions qui comptent au moins 100 cessions avec prix, la médiane va de 35 080 € en Hauts-de-France à 50 000 € en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Occitanie, soit un écart de 1,4 fois. Paris ressort à 40 000 € sur 105 cessions, sous le reste de l'Île-de-France (50 000 €).

Faut-il un diplôme pour reprendre un salon de coiffure ?

Le métier de coiffeur est réglementé. Service-Public.fr cite le CAP, le brevet professionnel ou un titre équivalent enregistré au RNCP, et indique qu'exercer sans la qualification requise est puni de 7 500 € d'amende. L'application à votre situation se vérifie auprès de la chambre de métiers.

Comment calculer le prix de vente de mon salon ?

On part du résultat retraité sur 3 exercices, en corrigeant votre rémunération au coût d'un coiffeur manager salarié. On vérifie ensuite que le prix laisse au repreneur de quoi rembourser son emprunt et se payer, puis on corrige par la qualité du dossier : bail, emplacement, stabilité de l'équipe, part de la clientèle qui ne dépend pas de vous.

Qui achète un salon de coiffure ?

4 profils. Le coiffeur salarié qui s'installe, le plus fréquent. Votre propre salarié, qui connaît la clientèle. Le coiffeur qui ouvre un 2e salon dans une zone qu'il connaît. Plus rarement, un réseau ou une enseigne qui cherche une adresse précise.

Aller plus loin

Si votre horizon de cession est à 2 ans, le prix se joue sur ce que vous pouvez encore transmettre d'ici là : une clientèle qui connaît votre équipe, un bail renouvelé, des comptes qui montrent le chiffre réel. La dépendance du salon à son dirigeant est le 1er chantier, et les étapes d'une cession en donnent le calendrier réaliste.

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Le repreneur d'un salon est le plus souvent un coiffeur salarié qui s'installe, avec un apport limité. Le plan de financement d'une reprise dit quel prix il pourra réellement porter. Le plan de financement.

À propos de l'auteur

Charles Cappart

Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les dirigeants de PME pour rendre leur entreprise capable de tourner sans eux, et les repreneurs qui rachètent une PME.

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« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »
VP Valentina Palacios

Porteuse de projet, TOTUMA

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