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Cession · Baromètre

Prix de vente d'une entreprise : le baromètre des cessions 2025

Mis à jour le 19 septembre 2026

Tout le monde publie des méthodes de valorisation. Presque personne ne publie des prix réellement payés. Le prix de vente d'une entreprise en France a une médiane de 480 000 € sur les opérations à 300 000 € et plus, mesurée sur les cessions publiées au BODACC en 2025, bars, boulangeries et boutiques exclus. Le premier semestre 2026 confirme ce niveau à 480 111 €. Voici la répartition par secteur et par région, ce que ce chiffre ne dit pas de votre société, et ce que le BODACC lui-même ne voit pas.

Estimez la valeur de votre entreprise Comprendre les méthodes

Le chiffre national : 480 000 € de prix médian

En 2025, 47 758 annonces de ventes et cessions ont été publiées au BODACC. Le prix est explicitement mentionné dans 33 696 d'entre elles, soit 71 %. De cet ensemble, ce baromètre écarte le commerce de proximité, pour une raison de fond expliquée plus bas. Restent 7 177 cessions d'entreprises, dont 1 880 à 300 000 € et plus.

De ce segment, la médiane annoncée retire encore la santé et la pharmacie, présentées séparément plus bas. Restent 1 076 cessions, sur lesquelles le prix de vente d'une entreprise a une médiane de 480 000 €. Un quart des opérations se conclut sous 353 000 €, un quart au-dessus de 779 453 €. Garder la santé ferait remonter la médiane à 650 000 € : une officine se valorise sur une licence et un chiffre d'affaires réglementé, et ce chiffre ne décrirait plus aucune PME ordinaire.

Dernier point : le premier semestre 2026

Sur les 6 premiers mois de 2026, 593 cessions d'entreprises entrent dans le même périmètre, pour 749 millions d'euros échangés. Le prix médian s'établit à 480 111 €, avec un premier quartile à 350 000 € et un troisième à 757 768 €. Sur le même semestre de 2025, la médiane était de 481 000 € : l'écart est de -0,2 %, et sur 18 évolutions sectorielles et régionales testées, aucune n'est distinguable du hasard d'échantillonnage. Le marché est stable.

Ce semestre révèle en revanche une concentration que la médiane masque. 101 cessions dépassent 1 000 000 €, soit 17 % des opérations. 12 dépassent 10 000 000 €, soit 2 % des opérations, et ces 12 ventes pèsent à elles seules 41 % de la valeur échangée du semestre. Le marché dont parle la presse et celui que vit un dirigeant de PME ne sont donc pas le même : le premier tient dans une douzaine d'opérations, le second dans 581 ventes.

Un semestre ne se compare qu'au même semestre de l'année précédente, jamais à une année pleine : le taux d'extraction du prix suit un profil saisonnier reproductible, de 87 % en janvier à 62 % en mai. Les tableaux ci-dessous restent ceux de l'année 2025 complète, plus robustes parce qu'ils reposent sur deux fois plus de transactions.

Pourquoi les bars et les boulangeries sont exclus

La plupart des chiffres qui circulent sur le prix de vente d'une entreprise mélangent tout. Ils aboutissent à une médiane nationale autour de 108 000 €, qui n'a presque aucun sens : elle est écrasée par les cessions de fonds de commerce de proximité, qui représentent près de 6 cessions sur 10 au BODACC.

Un bar, une boulangerie, un salon de coiffure ou une boutique ne se vendent pas comme une entreprise. Leur valeur tient au bail, à l'emplacement et au pas-de-porte, pas à une capacité bénéficiaire qui survivrait au départ du dirigeant. C'est une opération immobilière déguisée en cession d'entreprise. Un garage, une société de transport ou un bureau d'études, eux, se transmettent avec leur clientèle, leurs contrats et leurs équipes.

Ce baromètre ne retient donc que les secteurs où la cession porte sur une entreprise. C'est ce qui explique l'écart avec les chiffres publiés ailleurs, et c'est ce qui le rend utilisable par un dirigeant qui prépare vraiment sa sortie.

Prix de cession par secteur

Le tableau ci-dessous couvre les 1 880 cessions d'entreprises à 300 000 € et plus publiées en 2025, hors commerce de proximité. La santé et la pharmacie y figurent pour information, mais elles sont exclues de la médiane nationale et du tableau régional.

Prix de cession médian par secteur, cessions à 300 000 € et plus, BODACC 2025.
Prix de cession médian par secteur, cessions à 300 000 € et plus, BODACC 2025
SecteurCessionsPrix médian1er quartile3e quartile
Santé et pharmacie8041 200 000 €630 000 €1 920 000 €
Industrie et production197550 000 €400 000 €1 170 000 €
Commerce de gros123500 000 €391 300 €830 000 €
Services aux entreprises186500 000 €377 103 €836 058 €
Transport et logistique151500 000 €376 000 €790 000 €
Automobile147450 000 €328 911 €700 000 €
BTP et construction214431 700 €350 000 €628 000 €
Immobilier58420 000 €360 000 €605 714 €

Hors santé, l'industrie et la production mènent à 550 000 € de médiane, devant un peloton serré à 500 000 € qui réunit le commerce de gros, les services aux entreprises et le transport. L'immobilier ferme la marche à 420 000 €. L'écart entre le premier et le dernier secteur n'est que de 1,3 fois : le secteur situe un prix, il ne le détermine pas.

La santé et la pharmacie figurent en tête du tableau à 1 200 000 €, mais ce niveau tient aux officines, dont la valorisation suit une logique de licence et de chiffre d'affaires réglementé sans équivalent ailleurs. L'écart entre le premier et le troisième quartile y est le plus large de tout le tableau, de 630 000 € à 1 920 000 €, ce qui traduit une réalité connue : dans ces métiers, deux entreprises de taille comparable ne valent pas le même prix selon leur dépendance au dirigeant.

Prix de cession par région

Sur le même périmètre, santé exclue pour ne pas laisser la concentration d'officines fausser les comparaisons, l'Île-de-France arrive en tête avec 600 000 € de médiane, contre 417 500 € en Bourgogne-Franche-Comté. Soit 1,4 fois d'écart entre la région la plus chère et la moins chère, quand l'écart entre le premier et le troisième quartile national est de 2,2 fois. Là encore, la géographie situe un prix sans le déterminer.

Prix de cession médian par région, cessions à 300 000 € et plus, BODACC 2025
RégionCessionsPrix médian
Île-de-France180600 000 €
Normandie44581 000 €
Hauts-de-France66550 806 €
Bretagne66550 000 €
Occitanie92500 000 €
Provence-Alpes-Côte d'Azur111470 000 €
Grand Est87468 000 €
Pays de la Loire64452 700 €
Nouvelle-Aquitaine114447 001 €
Auvergne-Rhône-Alpes164430 000 €
Bourgogne-Franche-Comté44417 500 €

Le piège : prix affiché n'est pas valeur d'entreprise

Le prix publié au BODACC est le prix du fonds de commerce ou des actifs cédés. Il ne comprend ni la dette reprise, ni la trésorerie laissée dans la société, ni le compte courant d'associé. Deux cessions affichées à 480 000 € peuvent recouvrir deux valeurs d'entreprise très différentes.

C'est la confusion la plus fréquente chez les dirigeants qui préparent leur sortie. Ils comparent un prix affiché à un multiple d'excédent brut d'exploitation, et concluent que leur entreprise vaut plus ou moins que le marché. Les deux chiffres ne parlent pas de la même chose. Pour comprendre ce qui compose réellement un prix, la page sur la valorisation d'une PME détaille les méthodes et les décotes.

Ce que le BODACC ne voit pas : les cessions de parts sociales

Ce baromètre est exhaustif sur ce qu'il mesure. Encore faut-il dire ce qu'il ne mesure pas. Le BODACC publie les ventes de fonds de commerce et d'établissements, parce que la loi impose cette publicité pour protéger les créanciers du vendeur. Il ne publie aucune cession de parts sociales ni d'actions.

Ce n'est pas un trou dans les données, c'est la nomenclature elle-même. Sur 7 018 annonces de ventes et cessions dépouillées une à une, mars 2026 et septembre 2025 réunis, les 15 catégories utilisées par les greffes portent toutes sur un fonds, un établissement ou un apport. Aucune ne concerne des titres. Les 1 246 annonces qui mentionnent des parts sociales sont des projets de fusion, publiés sans prix.

La conséquence est simple. Quand un dirigeant vend son fonds, le prix devient public. Quand il cède les titres de sa société, ce qui est la forme habituelle d'une transmission de PME, le prix reste entre les parties, leurs conseils et l'administration fiscale. Aucune source légale ne le publie, et les baromètres de place reposent sur des opérations recensées auprès des professionnels qui les réalisent, pas sur une publication exhaustive. Le plus complet d'entre eux, Régions & Transmission, publié par In Extenso Finance et Epsilon Research, recense 1 076 cessions majoritaires de PME valorisées de 1 à 50 millions d'euros sur l'année 2025. Coïncidence sans aucun rapport : c'est aussi le nombre de cessions de fonds retenues ici après dédoublonnage. Les deux périmètres n'ont rien en commun, et les deux chiffres ne se comparent pas.

Ce baromètre décrit donc le marché des cessions dont le prix est public. Ce sont des opérations réelles et des prix payés, pas des prix demandés sur une plateforme d'annonces. Au-dessus de ce périmètre, personne en France ne connaît les prix : c'est une limite de la source, et il vaut mieux la lire ici que la découvrir en réunion.

Ce qui fait l'écart entre deux entreprises du même secteur

À chiffre d'affaires égal, le prix de vente d'une entreprise varie du simple au double. Quatre facteurs expliquent l'essentiel de cet écart, et aucun n'apparaît dans un baromètre : la dépendance au dirigeant, la récurrence du chiffre d'affaires, la concentration client et la qualité des comptes. Ce sont aussi les quatre leviers sur lesquels on peut agir, à condition de s'y prendre 12 à 24 mois avant la mise en vente.

Pour situer votre société sur ces critères, le score de transmissibilité donne une fourchette de valorisation et un diagnostic en 2 minutes. Si vous voulez le faire sérieusement, Le Cap est une séance de 1h30 qui produit l'estimation et la feuille de route.

Mon point de vue

Un dirigeant qui découvre que la médiane nationale est à 480 000 € réagit de deux façons. Soit il se rassure parce que son entreprise vaut plus, soit il s'inquiète. Les deux réactions sont à côté du sujet. Le marché ne fixe pas votre prix, il fixe une fourchette. Votre position dans cette fourchette, vous la décidez dans les 24 mois qui précèdent, en rendant votre société capable de tourner sans vous. C'est le seul levier qui déplace vraiment le curseur, et c'est aussi le plus long à actionner.

Méthode et sources

Les chiffres de cette page proviennent du dépouillement des annonces de ventes et cessions publiées au BODACC, le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, publié en données ouvertes par la Direction de l'information légale et administrative. Le périmètre couvre l'année 2025 complète, soit 47 758 annonces, auxquelles s'ajoute le premier semestre 2026, soit 22 444 annonces.

Une même opération peut apparaître plusieurs fois. Une cession dont le fonds compte plusieurs établissements est publiée une fois par greffe concerné, et chaque annonce porte le prix total : sans correction, une vente à 4 000 000 € répartie sur 9 sites entrait 9 fois dans les agrégats. Les chiffres de cette page sont dédoublonnés depuis le 18 septembre 2026, ce qui fait passer la médiane 2025 de 500 000 à 480 000 € et le nombre de cessions retenues de 1 258 à 1 076. Les versions antérieures de cette page et du jeu de données sont caduques.

Chaque médiane publiée en données ouvertes est accompagnée de son intervalle de confiance à 95 %, obtenu par bootstrap. Sur une cellule de 40 transactions, une médiane bouge de plusieurs dizaines de milliers d'euros par simple tirage : sans cette précaution, un écart de bruit se lirait comme une tendance de marché.

Le baromètre écarte le commerce de proximité, soit l'hôtellerie et la restauration, la boulangerie et l'alimentation, le commerce de détail et la coiffure et l'esthétique. La médiane annoncée exclut en outre la santé et la pharmacie, qui reste visible dans le détail sectoriel. Le tableau régional applique la même exclusion, pour que la concentration d'officines ne crée pas d'écarts régionaux artificiels.

Le prix n'y figure pas dans un champ dédié : il est mentionné dans le texte de l'annonce, sous des formulations qui varient selon les greffes. Il a pu être extrait pour 71 % des annonces. Le classement sectoriel repose sur la description d'activité rédigée par le greffe et couvre 85 % des annonces, les 15 % restants étant comptés dans le total national mais exclus des moyennes sectorielles. Aucune médiane n'est publiée pour un croisement comptant moins de 30 transactions.

Les agrégats de ce baromètre sont publiés en données ouvertes sur data.gouv.fr, sous licence ouverte 2.0, avec la note de méthode complète. Le jeu ne contient que des agrégats : aucune annonce individuelle n'est redistribuée.

Le périmètre légal de la source est celui des ventes de fonds de commerce et d'établissements, seules opérations dont la publicité est imposée par le code de commerce. Les cessions de parts sociales et d'actions n'y figurent pas, comme détaillé plus haut.

Chaque transaction reste consultable individuellement sur bodacc.fr. Pour les obligations de publicité qui encadrent une cession, le portail service-public.fr en détaille le cadre. Le code qui produit ces chiffres est public et réutilisable : n'importe qui peut refaire le calcul et vérifier ces résultats. Ce baromètre sera actualisé à chaque millésime.

Questions fréquentes sur le prix de vente d'une entreprise

Quel est le prix de vente d'une entreprise ou d'une PME en France ?

Sur les cessions d'entreprises à 300 000 € et plus publiées au BODACC en 2025, hors commerce de proximité, le périmètre compte 1 880 opérations. Santé et pharmacie mises à part, le prix médian s'établit à 480 000 € sur 1 076 cessions. Un quart se conclut sous 353 000 €, un quart au-dessus de 779 453 €. Le premier semestre 2026 confirme ce niveau, à 480 111 € sur 593 cessions. Les chiffres plus bas que l'on lit ailleurs, autour de 108 000 €, incluent les bars, boulangeries et boutiques, dont la valeur tient au bail plutôt qu'à l'entreprise.

Le prix publié au BODACC correspond-il à la valeur de l'entreprise ?

Non, et la confusion coûte cher. Le BODACC publie le prix du fonds de commerce ou des actifs cédés. Il ne dit rien de la dette reprise, de la trésorerie laissée dans la société, ni du compte courant d'associé. Deux cessions affichées au même prix peuvent correspondre à deux valeurs d'entreprise très différentes.

Quel secteur se vend le plus cher ?

Hors santé, l'industrie et la production mènent à 550 000 € de médiane, devant le commerce de gros, les services aux entreprises et le transport, tous à 500 000 €. L'immobilier ferme la marche à 420 000 €. L'écart entre le premier et le dernier secteur n'est que de 1,3 fois. La santé et la pharmacie affichent 1 200 000 € sur 804 transactions, mais les officines relèvent d'une logique de licence réglementée qui n'a pas d'équivalent dans les autres secteurs.

Pourquoi les prix sont-ils plus élevés en Île-de-France ?

La médiane francilienne atteint 600 000 € contre 417 500 € en Bourgogne-Franche-Comté, sur le segment des cessions à 300 000 € et plus. Soit 1,4 fois d'écart entre les extrêmes, quand l'écart entre le premier et le troisième quartile national atteint 2,2 fois. L'écart régional tient à la taille moyenne des entreprises cédées et au poids de l'immobilier commercial dans le prix du fonds, pas à une prime de valorisation qui s'appliquerait mécaniquement.

Combien vendre son entreprise : comment fixer son propre prix ?

Un baromètre donne un ordre de grandeur de marché, pas la valeur de votre société. Votre prix dépend de votre dépendance au dirigeant, de la récurrence de votre chiffre d'affaires, de votre concentration client et de la qualité de vos comptes. Ces facteurs font varier le prix du simple au double à chiffre d'affaires identique.

Le BODACC publie-t-il le prix des cessions de parts sociales ?

Non. Le BODACC publie les ventes de fonds de commerce et d'établissements, parce que la loi impose cette publicité pour protéger les créanciers du vendeur. Sur 7 018 annonces de ventes et cessions dépouillées une à une, aucune ne portait sur une cession de parts sociales ou d'actions : les 15 catégories utilisées par les greffes concernent toutes un fonds, un établissement ou un apport, et les annonces qui mentionnent des parts sont des projets de fusion publiés sans prix. Quand un dirigeant cède les titres de sa société, le prix reste privé. Ce baromètre mesure donc le marché des cessions dont le prix est public.

D'où viennent ces chiffres et sont-ils vérifiables ?

Ils proviennent du dépouillement des annonces de ventes et cessions publiées au BODACC en 2025 et au premier semestre 2026, jeu de données ouvert de la DILA. Chaque transaction est consultable individuellement sur bodacc.fr. Le prix est extrait du texte de l'annonce, ce qui fonctionne pour 71 % des annonces. Une opération multi-établissements, publiée une fois par greffe avec le prix total à chaque fois, n'est comptée qu'une seule fois. Le code qui produit ces chiffres est public, n'importe qui peut refaire le calcul.

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À propos de l'auteur

Charles Cappart

Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les dirigeants de PME pour rendre leur entreprise capable de tourner sans eux, et les repreneurs qui rachètent une PME.

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« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »
VP Valentina Palacios

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