Mis à jour le 26 octobre 2026
Vendre une boulangerie rapporte plus que vendre la plupart des commerces de proximité. Sur 2 237 cessions de boulangeries et de boulangeries-pâtisseries dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026, la médiane s'établit à 170 000 €, soit 1,6 fois la médiane toutes activités confondues (105 248 €). Ce prix est celui du fonds de commerce : les murs se vendent à part, et le BODACC ne les mesure pas.
Situer votre boulangerie en 5 minutes Voir le baromètre completLa moyenne trompe sur ce marché : quelques fonds vendus plus de 1 million d'euros, en Île-de-France surtout, la tirent vers le haut. Les quartiles décrivent mieux ce que paient réellement les acheteurs.
| Repère | Prix | Ce que cela veut dire |
|---|---|---|
| 1er quartile | 75 000 € | 1 vente sur 4 se fait en dessous |
| Médiane | 170 000 € | le repère central du secteur |
| 3e quartile | 325 000 € | 1 vente sur 4 se fait au-dessus |
| 9e décile | 510 000 € | le haut du marché, 10 % des ventes |
La moitié des boulangeries changent donc de mains entre 75 000 € et 325 000 €. C'est une fourchette large, qui reflète la diversité du métier : du fournil de village à la boulangerie de centre-ville avec salon de thé et 10 salariés.
Dans le temps, le prix est stable si l'on compare des périodes comparables. Le 1er semestre 2025 et le 1er semestre 2026 ressortent tous les 2 à 160 000 €, sur 722 et 683 cessions. Le 2e semestre 2025 monte à 195 000 € sur 832 cessions, ce qui porte l'année 2025 à 174 250 €. 18 mois de données ne suffisent pas à dire si cet écart entre semestres revient chaque année.
Un commerce de détail se vend 110 000 € en médiane, un restaurant aussi. Une boulangerie se vend 170 000 €. L'écart tient à ce que le repreneur achète avec le fonds.
Ce dernier point se lit dans les annonces. Les boulangeries qui mentionnent une activité de snacking, de sandwicherie ou de restauration se vendent 195 000 € en médiane sur 877 cessions, contre 159 500 € sur 1 360 cessions pour les autres. Celles qui mentionnent un salon de thé se vendent 200 000 € sur 343 cessions. À l'inverse, celles qui mentionnent une épicerie se vendent 130 000 € sur 234 cessions, souvent en zone rurale. Ces écarts décrivent une association : une grande boulangerie liste plus d'activités qu'une petite, et la donnée ne dit pas laquelle cause l'autre.
L'Insee distingue la sous-classe 10.71C « Boulangerie et boulangerie-pâtisserie », qui associe fabrication artisanale et vente au détail, du commerce de détail de pain et de pâtisserie non auto-produite (47.24Z), où l'on trouve les terminaux de cuisson. Le marché fait la même différence.
| Activité | Prix médian | Cessions avec prix |
|---|---|---|
| Boulangerie et boulangerie-pâtisserie | 170 000 € | 2 237 |
| Pâtisserie, chocolaterie, glacier sans boulangerie | 128 400 € | 638 |
| Terminal de cuisson, point chaud, dépôt de pain | 100 000 € | 225 |
Un terminal de cuisson se vend 100 000 € en médiane, soit 70 000 € de moins qu'une boulangerie. Il n'a ni fournil ni savoir-faire à transmettre : son repreneur achète un emplacement et un flux de passage. Si votre point de vente cuit des pâtons livrés, c'est ce repère qui vous concerne. L'usage du mot « boulangerie » dans l'enseigne obéit par ailleurs à des règles propres, que la chambre de métiers vous précisera.
Le jeu BODACC range 8 041 cessions dans un secteur « Boulangerie et alimentation », dont 7 918 avec un prix. Sa médiane brute est de 112 000 €, bien en dessous de celle des boulangeries, parce qu'il regroupe des commerces très différents :
La boulangerie est la plus chère de ces activités et la plus fréquente : 2 218 cessions avec prix dans le secteur, 28 % du total. C'est pour cette raison que la médiane des commerces de détail et de l'alimentation publiée sur ce site, qui inclut tout ce secteur, se situe à 110 000 € : elle mélange boulangeries et épiceries. Le périmètre de cette page se limite aux boulangeries artisanales, retrouvées dans tous les secteurs du jeu.
Une boulangerie se compose souvent de 2 actifs : le fonds de commerce (clientèle, enseigne, matériel, droit au bail) et les murs, quand vous en êtes propriétaire. Les prix de cette page portent sur le fonds seul. Sur 2 261 annonces de boulangeries, 7 seulement mentionnent les murs, l'immeuble ou les locaux.
Le prix des murs se vérifie ailleurs : les ventes immobilières, locaux commerciaux compris, sont publiées dans la base Demandes de valeurs foncières (DVF) de la DGFiP, consultable rue par rue. Si vous possédez les murs, 3 options se présentent :
Le choix change votre fiscalité et la durée du bail à consentir. Ce sont 2 questions à poser à votre notaire et à votre expert-comptable avant de fixer un prix.
La médiane du marché donne un ordre de grandeur. La valeur de votre fonds se calcule sur vos propres comptes, en 3 temps.
Les règles communes à toutes les petites entreprises sont détaillées dans le guide pour estimer la valeur de votre entreprise. Pour une boulangerie, l'état du fournil pèse plus lourd qu'ailleurs, parce que c'est la 1re dépense que l'acheteur anticipe.
Seules les régions comptant au moins 100 cessions avec prix sont détaillées. Un écart de quelques milliers d'euros entre 2 régions n'a pas de signification.
| Région | Prix médian | Cessions avec prix |
|---|---|---|
| Île-de-France | 300 000 € | 419 |
| Pays de la Loire | 200 000 € | 139 |
| Bretagne | 200 000 € | 118 |
| Provence-Alpes-Côte d'Azur | 152 500 € | 226 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 150 000 € | 302 |
| Hauts-de-France | 150 000 € | 162 |
| Nouvelle-Aquitaine | 150 000 € | 151 |
| Normandie | 136 500 € | 158 |
| Occitanie | 125 000 € | 161 |
| Grand Est | 120 000 € | 188 |
L'écart entre la région la plus chère et la moins chère est de 2,5 fois, bien plus que pour un salon de coiffure (1,4 fois). L'Île-de-France pèse 19 % des ventes et tire la médiane nationale : hors Île-de-France, elle redescend à 150 000 € sur 1 818 cessions. Paris atteint 444 500 € en médiane, sur 98 cessions seulement, un échantillon à lire avec prudence. Le reste de l'Île-de-France ressort à 280 000 € sur 321 cessions.
Une boulangerie à vendre attire 4 profils d'acheteurs.
Méthode
Périmètre : annonces de vente et de cession publiées au BODACC, du 1er janvier 2025 au 30 juin 2026, dont ont été retenues les boulangeries et boulangeries-pâtisseries artisanales. La sélection se fait sur l'activité déclarée dans l'annonce, quel que soit le secteur attribué, et retient la 1re activité citée : une « boulangerie, pâtisserie, snacking » est comptée en boulangerie, une « restauration rapide, boulangerie » en restauration. Exclusions explicites : terminaux de cuisson, points chauds et dépôts de pain, pâtisseries et chocolateries sans boulangerie, boulangerie industrielle, meuneries et fournisseurs de matériel. Échantillon : 70 202 cessions extraites au total, dont 2 261 relevant de ce périmètre et 2 237 assorties d'un prix exploitable, soit 1,1 % de lignes sans prix publié. Les annonces du secteur « Boulangerie et alimentation » que le classement n'a pas pu trancher représentent 0,05 % du secteur. Une même opération peut faire l'objet de plusieurs annonces : en ne retenant qu'une annonce par couple SIREN et prix, il reste 2 035 opérations et la médiane passe à 165 000 €. Le prix retenu est celui déclaré dans l'annonce, hors stock et hors murs. Extraction du 19 septembre 2026, calculs du 26 octobre 2026, jeu réutilisable sous licence ouverte Etalab.
Les prix cités ici proviennent des annonces publiées au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales et du jeu BODACC diffusé en open data par l'État. Le détail ligne à ligne que j'ai reconstitué, avec le prix extrait et le secteur normalisé, est lui aussi publié en open data, pour que chacun puisse vérifier.
Une réserve honnête sur ces chiffres : le prix publié au BODACC est celui de l'acte, il ne dit rien du chiffre d'affaires ni du résultat de la boulangerie vendue. Les ventilations par activité reposent sur les mots de l'annonce : une boulangerie qui fait du snacking sans le mentionner est comptée sans. Les définitions de l'Insee citées plus haut ont été consultées le 26 octobre 2026.
Mon point de vueSur une boulangerie, je regarde d'abord qui se lève à 3 heures. Si c'est le vendeur, et lui seul, l'acheteur achète un emploi du temps autant qu'un fonds, et il le paie moins cher. Les boulangeries qui se vendent dans le haut de la fourchette ont un ouvrier qui tient le fournil sans le patron, et un magasin qui tourne sans lui. Ce passage de relais se prépare 18 à 24 mois avant la vente. Il vaut plus qu'un four neuf, et il coûte moins cher.
La médiane s'établit à 170 000 € sur 2 237 cessions de boulangeries et de boulangeries-pâtisseries dont le prix a été publié au BODACC en 2025 et au 1er semestre 2026. La moitié des ventes se situe entre 75 000 € et 325 000 €, et 10 % dépassent 510 000 €. C'est 1,6 fois la médiane toutes activités confondues, 105 248 €.
Parce que sa clientèle revient plusieurs fois par semaine et reste attachée au lieu, que le fournil représente un outil de production que le repreneur n'a pas à racheter, et que le vivier d'ouvriers boulangers qui veulent s'installer est large. Un commerce de détail se vend 110 000 € en médiane, une boulangerie 170 000 €.
Les prix publiés au BODACC portent sur le fonds de commerce : clientèle, enseigne, matériel et droit au bail. Sur 2 261 annonces de boulangeries, 7 seulement mentionnent les murs ou les locaux. Le prix des murs se vérifie dans la base DVF des ventes immobilières, et leur sort (vente, location au repreneur) se discute avec votre notaire.
Non. Les terminaux de cuisson, points chauds et dépôts de pain se vendent 100 000 € en médiane sur 225 cessions, contre 170 000 € pour une boulangerie artisanale. Sans fournil ni savoir-faire à transmettre, l'acheteur paie surtout l'emplacement.
Beaucoup. Parmi les 10 régions qui comptent au moins 100 cessions avec prix, la médiane va de 120 000 € en Grand Est à 300 000 € en Île-de-France, soit un écart de 2,5 fois. Hors Île-de-France, la médiane nationale redescend à 150 000 € sur 1 818 cessions.
On part du résultat retraité sur 3 exercices, en corrigeant votre rémunération au coût d'un ouvrier boulanger et d'un responsable de magasin. On vérifie ensuite que le prix laisse au repreneur de quoi rembourser son emprunt, renouveler le matériel et se payer, puis on corrige par la qualité du dossier : emplacement, bail, état du fournil, équipe en place.
4 profils. L'ouvrier boulanger qui s'installe, souvent en couple, le plus fréquent. Votre propre ouvrier, qui connaît le fournil. Le boulanger qui ouvre un 2e point de vente dans sa zone. Plus rarement, un réseau ou une franchise qui cherche un emplacement de flux.
Si votre horizon de cession est à 2 ans, le prix se joue sur ce que vous pouvez encore transmettre d'ici là : un ouvrier qui tient le fournil, un bail renouvelé, des comptes qui montrent le chiffre réel. Réduire ce qui repose sur vous seul est le 1er chantier, et le calendrier d'une cession en donne les étapes réalistes.
Réserver une séance Le CapLes pages qui prolongent directement ce que vous venez de lire.
Prix de vente d'un commerce
Médiane 110 000 €, et pourquoi la région compte moins qu'on croit.
LireLe baromètre des prix de cession
Les prix réellement payés en 2025, issus du BODACC.
LirePrix de vente d'un restaurant
Médiane 110 000 €, quartiles et écarts par région.
LireDe l'autre côté de la table
Le repreneur d'une boulangerie est le plus souvent un ouvrier boulanger qui s'installe, et il finance aussi le renouvellement du fournil. Le plan de financement d'une reprise dit quel prix il pourra réellement porter. Le plan de financement.
À propos de l'auteur
Conseil en cession et valorisation de PME, fondateur de Passage. Il accompagne les dirigeants de PME pour rendre leur entreprise capable de tourner sans eux, et les repreneurs qui rachètent une PME.
Lire le parcours complet LinkedIn« J'ai collaboré avec Charles Cappart en tant qu'associé dans notre restaurant à Paris, ma première expérience entrepreneuriale en France. Son apport concret, comme l'organisation du sourcing et des aspects réglementaires, m'a aidée à avancer sereinement face aux particularités du marché parisien. Charles est un partenaire professionnel et fiable. Je le recommande car son expertise en accompagnement fait la différence. »VP Valentina Palacios
Porteuse de projet, TOTUMA